Exit fresque politique complexe ! Cette année, la série Game Of Thrones a embrassé à pleines lèvres  son côté Heroic Fantasy pour se transformer en pure blockbuster à dix millions de dollars l’épisode. Ce virage à 180 degrés ne s’est pas effectué sans une simplification des scénarios largement soulignée sur internet par la communauté des fans. Mais une telle perte de qualité était-elle évitable ? Retour (en spoilers) sur la série la plus marquante de la décennie.

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Si dragons, magie et morts-vivants font partie intégrante de la mythologie Game Of Thrones depuis le premier épisode, c’est avant tout son ton réaliste qui lui a permis d’atteindre le succès que tout le monde lui connait aujourd’hui. En effet, sous ses airs médiévaux, Westeros n’est autre qu’un miroir déformant de notre société où seule une minorité de personnes bien-nées détient le pouvoir, où les femmes sont considérées comme des objets sexuels juste bons à fabriquer des héritiers et où des guerres à l’échelle de la population éclatent à coup d’égos titillés (et encore, personne au Royaume des sept couronnes ne possède  de codes nucléaires).  C’est dans cet univers sombre, mettant en scène une lutte impitoyable pour accéder au Trône de Fer (symbole du pouvoir absolu), que les téléspectateurs suivent avec attention l’évolution de leurs personnages préférés depuis la première diffusion de la série en 2011.

Retour sur l’arrivée d’un OVNI

Certes, la recette qu’applique HBO depuis plus de vingt ans (budget faramineux, réalisation plus soignée que sur les grands networks, usage souvent gratuit du sexe et de la violence,…) assure un succès public et/ou critique à presque toutes ses productions, mais rarement au point de se voir qualifier de « phénomène de société » par l’ensemble des médias. On est, dès lors, en droit de s’interroger sur l’élément qui a fait la différence entre Game Of Thrones et d’autres séries telles que Rome, Deadwood ou encore Boardwalk Empire qui, malgré leurs qualités, n’ont jamais été capables de rivaliser. C’est bien simple, la particularité de cette saga entremêlant politique et fantastique réside en son côté  imprévisible : aucun personnage n’est à l’abri d’une défenestration, d’une main coupée ou d’une mort certaine, ce qui n’a jamais été réellement le cas sur le petit écran avant ce jour.

En effet, ce n’est un secret pour personne, jusqu’il y a peu, la télévision était une véritable machine à refroidir les ardeurs des créateurs aux idées novatrices. On pourrait, par exemple, citer le cas de Lost, série phénomène de la dernière décennie. Lors de l’écriture du pilot en 2004,  les scénaristes J.J. Abrams et Damon Lindelof avaient pris la décision de boucler leur épisode d’une manière révolutionnaire en tuant Jack Shepard, le protagoniste. Malheureusement pour eux, le network ABC ne partageait pas le même enthousiasme à cette idée : le personnage campé par Matthew Fox a finalement survécu aux six saisons de la série et les deux showrunners ont dû se contenter des seconds rôles pour assouvir leurs pulsions meurtrières.

Il s’agit là du type d’obstacles que David Benioff et D.B. Weiss n’ont jamais eu à rencontrer lors de l’écriture des scenarios de Game Of Thrones. Et pour cause, ce ne sont ni la chaîne, ni les acteurs, ni même eux  qui sont maîtres du destin des personnages  mais une seule et unique personne : G.R.R. Martin, auteur des livres originaux (qui officia d’ailleurs en tant que producteur et scénariste sur les premières saisons). En effet, Game Of Thrones est l’adaptation d’un univers solide crée en 1996 et c’est cela qui lui a permis d’enfoncer certaines portes blindées.

Un début sans faute

Et on peut dire que le jeu fut excellemment joué au cours des 4 premières années. Ni Ned Stark (héro des premiers épisodes incarné par Sean Bean) ou son fils Robb ne sont parvenus à échapper à leurs tristes destins, pour le plus grand plaisir coupable du téléspectateur « qui n’était pas venu pour souffrir…mais un peu quand même ». Hormis cet aspect survival des plus addictifs, HBO et les showrunners sont également parvenus à respecter les exigences de l’univers dépeint dans les romans, multipliant, au fil des saisons, personnages à la psychologie développée et sous-intrigues lentement exploitées (soit tout le contraire de ce qui faisait recette à la télévision avant cela).

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Malgré la complexité du scénario, le public n’a jamais cessé de répondre présent au RDV proposé par HBO. Bien au contraire, les buzz engendrés sur les réseaux sociaux par un Red Wedding sanglant ou un combat à mort entre la Vipère et la Montagne ont eu pour effet de fidéliser de plus en plus de téléspectateurs. Très vite, Game Of Thrones s’affranchit  de son statut de « plaisir de geeks » pour devenir un divertissement populaire et on peut sans doute la considérer comme la première série (avec The Walking Dead) à faire vivre l’ensemble de la population mondiale au rythme instantané de ses diffusions et coups de théâtre (si vous cherchez bien, vous pourrez sans doute retrouver une vidéo de votre voisin réagissant à l’épisode de la semaine sur Youtube).  Le final de la quatrième saison se soldera par une audience de 7 millions de téléspectateurs (contre 2,5 en moyenne pour la première).

Une cinquième saison clivante

Diffusée au printemps 2015, la cinquième saison marque un tournant décisif dans l’histoire de la série. Pour la première fois, les limites offertes par le support numérique se révèlent être un handicap pour le bon déroulement de l’intrigue. Tandis que les récits de Martin ne cessent d’introduire de plus en plus de personnages à chaque nouveau chapitre, la version télévisée, elle, décide de faire marche arrière en se dédiant entièrement aux survivants des 4 saisons précédentes.

La première victime de ce parti-pris est sans conteste l’intrigue se déroulant à Dorne. Storyline complexe et importante dans les livres, celle-ci se retrouve réduite dans sa forme la plus simpliste sur le petit écran pour le déplaisir des lecteurs. Dans le même rayon, on peut également citer le viol de Sansa (qui se voit greffer une intrigue qui ne lui était pas destinée à la base) ou le déclin en avance rapide de Stannis Baratheon (suite à la scène du sacrifice moins rapide de sa fille Shireen, agonisant dans les flammes). Ces ajustements  rencontreront des retours mitigés de la part des téléspectateurs et pour la première fois, Game Of Thrones enchaine les bad buzz, se voyant même taxée d’apologie au viol et à la violence (alors que les scènes concernées n’avaient rien de choquant par rapport à ce qui était montré dans les saisons précédentes).

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Le message est donc passé auprès des showrunners : si les fans des livres leur reconnaissent un vrai talent pour porter leur œuvre préférée à l’écran, les prises de liberté dans l’univers sacro-saint de G.R.R. Martin, elles, ne sont pas les bienvenues. Manque de chance, ces polémiques coïncident justement avec un moment redouté de tous : la série, à raison d’une saison par an, a rattrapé les livres (l’auteur n’étant pas réputé pour sa rapidité) et il va être maintenant temps pour Benioff et Weiss de voler de leurs propres ailes (ou de se crasher).

« La série dont vous êtes le héro »

Après le succès critique (les audiences, elles,sont toujours au top) mitigé de la cinquième saison, inutile de dire que la sixième fournée d’épisodes était attendue au tournant. On ne saura jamais vraiment quels étaient les plans originaux  des showrunners pour s’émanciper du récit littéraire. Peut-être était-ce réellement ce qui a été montré à l’écran. On peut néanmoins supposer que la quasi-disparition de Dorne et des Sand Snakes ainsi que l’abandon des scènes de sexe et nudité au profit de la montée en puissance de l’ensemble des personnages féminins (au détriment de Tyrion, Little finger ou Jaime Lannister, tous soudainement réduits au rôle de faire-valoir de ces dames) constituent une manière informelle de se repentir pour les maladresses commises l’année précédente. Sans doute conscients de leurs illégitimités à assurer le rôle de bourreau intérimaire des protagonistes aux yeux des téléspectateurs, Benioff et Weiss décident d’emmener leur poule aux œufs d’or dans une direction totalement inattendue.

Plutôt que de chercher à choquer le public, ils vont le séduire en lui offrant tout ce qu’il désire sur un plateau d’argent : du retour du Limier à la revanche des orphelins Stark envers les Bolton et les Frey, en passant par la confirmation de théories présentes depuis la création de l’univers (R + L = J), sans oublier le départ de Daenerys pour Westeros après plus de six années d’attente,…  Difficile d’éviter les gros mots : Game Of Thrones tombe dans le fan service. Peu à peu, les prédictions sur les forums internet s’apparentent de plus en plus à du spoiler et la série réussit à commettre un exploit : devenir davantage prévisible qu’à l’époque où il suffisait d’ouvrir un livre pour découvrir la suite.

Pourtant, on ne peut pas qualifier cette saison de mauvaise, bien au contraire.  Portées par un budget jamais vu à la télévision, une réalisation et des dialogues de qualité ainsi que le  rythme lent qui a contribué au succès de la série, ces pirouettes scénaristiques sonneront comme un vent de fraicheur et les premières incohérences offertes par les épisodes constitueront un prix bien minimes en échange du spectacle qu’il sera donné de voir tous les lundis en rentrant du boulot. Au final, cette sixième édition rencontrera des critiques élogieuses et presque 9 millions de téléspectateurs répondront présents pour assister à l’explosion du Temple Baelor.

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Conscients qu’ils ne pourront pas faire durer la machine éternellement,  Benioff et Weiss choisissent également cette saison pour faire un ménage dans le casting en tuant (souvent gratuitement) une grande partie des personnages secondaires : adieux Margaery, Hodor,  Ramsay, Tommen et bien d’autres. La dernière manche se jouera entre personnages historiques de la partie et les scénaristes choisissent de rompre, petit à petit, avec le style choral de la série. Désormais, Game Of Thrones se résumera à une confrontation binaire que même les spectateurs les plus imaginatifs n’osaient espérer : d’un côté, Cersei Lannister (a.k.a. le personnage que les fans adorent détester depuis le premier épisode) fraichement montée sur le Trône de Fer et entourée de quelques fidèles ; de l’autre, Daenerys Targaryen pouvant, elle, compter sur ses dragons, ses armées de Dothrakis et d’Immaculés, ses puissants alliés politiques ainsi que sur le soutien du public. Difficile d’imaginer un affrontement plus manichéen et moins équilibré, mais pas de quoi s’affoler non plus. Après tout, les showrunners ont prouvé avec cette saison qu’ils savaient ce qu’ils faisaient.

Une septième saison très attendue

C’est durant l’été 2016 que l’annonce officielle est faite : non seulement, HBO prévoit de  mettre un terme à GoT après sa huitième saison (confirmant ainsi de nombreuses rumeurs), mais en plus, les deux dernières fournées se verront réduites à 7 et 6 épisodes contre les 10 habituels. Si la scène finale de The Winds Of Winter (6.10) laissait déjà entendre que la fin était proche, les choses deviennent d’un coup très concrètes.

Diffusée cet été, la septième saison de Game Of Thrones était attendue comme aucune autre. La voyant comme la première partie de l’épilogue, les centaines de millions de fans dans le monde mourraient d’envie de savoir où les scénaristes allaient les emmener cette année. Cet enthousiasme s’est plus que jamais mesuré dans les médias : chaque journal généraliste publiait, en moyenne, une dizaine d’articles par semaine sur la saga d’HBO. Une telle couverture n’a laissé que très peu de place à Twin Peaks, Top Of The Lake, The Defenders et autres « événements » sériels de l’été.

Mais au final, cette septième saison méritait-elle tout cet engouement? Une chose est sûre, elle a au moins eu le mérite de mettre tout le monde d’accord sur un point : cette année, Game Of Thrones a mis tension et lenteur de côté pour offrir un grand spectacle sensationnaliste. Chacun est libre d’estimer s’il s’agit là d’une bonne chose. A la lecture de ce qui suit, vous devinerez très vite le camp que j’ai choisi!

Un spectacle racoleur et facile

Le grand bouleversement opéré lors de cette septième édition est sans hésiter le changement de rythme. Fini l’époque où un voyage dans le conflans s’étendait sur 10 épisodes. Désormais, les déplacements des personnages s’effectueront à coup d’ellipse et d’incohérence. Si un tel changement était inévitable (la série aurait duré 20 ans dans le cas contraire), on regrette que les scénaristes n’aient pas mieux préparé le terrain.  En effet, on passe du blanc au noir sans véritable transition, ce qui a de quoi dérouter.

Mais le plus grand défaut de cette saison réside dans ses scénarios. Afin de retarder l’affrontement final des Reines dans leur lutte pour obtenir le trône de fer, les auteurs ont choisi de se reposer sur une menace planant depuis la scène introductive : l’approche des Whites Walkers. Sur le papier, cette décision n’avait rien de mauvaise. Au contraire, grâce à ce détour, le spectateur était assuré d’avoir son lot de scènes d’action. Et sur ce point, il a été servi… au détriment de tout le reste malheureusement.

Sans doute encouragés par les bons retours obtenus par leur première saison écrite en vol libre, Benioff et Weiss décident de ressortir la même recette en ajoutant une bonne grosse dose supplémentaire de Fan Services. Il ne faut pas se méprendre sur cet ingrédient : celui-ci n’est jamais vraiment indigeste lorsqu’il est instrumenté au profit du récit comme ce fut le cas en saison 6. Là, on a davantage l’impression que les scénarises ont démarré l’écriture des épisodes sur base d’une liste de fantasmes de fans à accomplir et que c’est la narration qui a été contrainte de s’adapter à cette dernière.

Était-il, par exemple, logique pour Jon Snow  de quitter ses sujets afin d’aller directement à la rencontre de Daenerys ou de partir en expédition au-delà du mur plutôt que d’y envoyer des émissaires ? Le retour de Gendry avait-il un quelconque intérêt? Depuis quand être un personnage apprécié par le public constitue une immunité en cas d’attaque de dragon?  A quoi bon organiser la réunion des survivants Stark si c’était pour s’ennuyer avec eux à Winterfell par la suite?  Qu’a bien pu faire l’interprète de Littlefinger en coulisse pour que son personnage mérite une fin scénaristique aussi mal amenée ?  Et que diable foutait Ed Sheeran des ces bois ?

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Mais le seul problème n’est pas l’usage gratuit de Fan Services. Il y a aussi l’emballage dans lequel sont présentés ces cadeaux à l’écran. Souvenez vous dans l’épisode  « Battle Of The Bastards » (6.09), le téléspectateur assiste à la réunion (pas forcément attendue) entre deux univers : Daenerys Targaeryen et les héritiers Greyjoy. De par ses excellents dialogues et l’alchimie partagée entre Emilia Clarke et Gemma Wheelan (qui a sans doute donné naissance à de nombreuses fanfictions érotiques par la suite), cette scène a réussi à créer l’événement malgré sa courte durée.

Malheureusement, les (trop?) nombreuses séquences de la septième saison présentant des rencontres ou des retrouvailles « tant attendues » ne ressembleront, tout au plus, qu’à une parodie de ce moment. Les dialogues sonnent, pour la plupart, creux, les acteurs ont parfois l’air de s’ennuyer et, mis à part résumer les saisons précédentes, la longueur de ces instants faussement cultes n’était absolument pas justifiée. Plus insupportable encore, la volonté des scénaristes de marquer à tout prix l’esprit du téléspectateur planait sur certaines scènes au point que celles-ci laissaient l’impression d’un coup de coude donné par un vieux pilier de comptoir dans un bar mal famé (« Hey, t’as remarqué cette réplique de Jon Snow? C’était marrant hein? T’as pas envie d’en faire un meme sur 9Gag pour me faire plaisir? »). Parmi les sept épisodes, seuls deux arrivent à se hisser au même niveau que les saisons précédentes en terme d’écriture : Dragonstone (réalisé par Jeremy Podewsa) et The Queen Justice (de Mark Mylod). Pour le reste, tout n’est que facilité et incohérence. A titre de comparaison, la saison 5 souffrait certes de ses défauts, mais avait au moins le mérite de faire des choix clairs et des propositions originales qui allaient au delà de ce racolage.

Aux premières loges des victimes collatérales de cette perte de qualité, on retrouve Aiden Gillen (Littlefinger) et Conleth Hill (Varys). Étant donné que ces acteurs excellaient avant tout dans l’exercice des longs dialogues bourrés de tension, il n’est pas étonnant de voir leurs personnages dépérir en même temps que le scénario. C’est également le cas de Cersei Lannister. Alors que la reine incestueuse était, jusqu’à ce jour, l’un des rôles les plus complexes de la série, son nouveau statut d’antagoniste principale la déssert au plus haut point.  En effet, si jusqu’à présent, tous ses faits et gestes cruels trouvaient une justification cohérente (principalement son désir de protéger ses enfants), force est de constater que ses choix dans cette saison, notamment lors de l’épisode final, n’ont pas d’autres explications que « On a encore besoin d’un méchant pour l’an prochain et quoi qu’on fasse d’elle, le public la déteste. Du coup… ». De plus, les scénaristes ont décidé d’offrir un esprit de fine stratège au personnage campé par Lena Headey, ce qui constitue une incohérence supplémentaire au vu de son lourd passif (oui, il s’agit bien de la même Cersei Lannister qui avait, jadis, armé la foie militante, qui était incapable de contrôler son fils sociopathe de 14 ans et qui a été obligée de commettre un attentat pour accéder au pouvoir). A croire que les scénaristes n’arrivent pas à assumer le final de la saison précédente

Propulsés aux rangs de héros (qui leur étaient apparemment destinés depuis le début de la série), Emilia Clarke (Daenerys) et Kit Harington (Jon Snow) font ce qu’ils peuvent pour occuper ce nouveau statut de leaders. Mais si les deux acteurs avaient la même subtilité de jeu qu’un Sean Bean ou qu’une Michelle Fairley, cela se serait remarqué auparavant et le résultat est assez laborieux. Malgré la grande épuration de casting effectuée l’an passé, de nombreux personnages, pourtant intéressants, restent sous-exploités. C’est notamment le cas de Yara, Sam,  Brienne ou même Euron Greyjoy, pourtant annoncé comme le successeur de Joffrey Baratheon et Ramsay Bolton. Au final, les seuls acteurs à se retrouver mieux servis par cette septième saison sont ,sans aucun doute, Peter Dinklage et Nicolaj Coster Waldau. Réduits aux rôles de sidekicks depuis deux ans, les frères Lannister arrivent à retrouver, dans les derniers épisodes, une seconde jeunesse, rallumant ainsi la flamme qui existait entre eux et les téléspectateurs lors des premières heures de la série.

Saison visuellement impressionnante MAIS…

Mais du coup, si Game Of Thrones a perdu de sa superbe en terme d’écriture, qu’en-est-il du spectacle visuel proposé par la série? Le terme « incroyable » semble accorder tout le monde. Et c’est le cas ! Jamais dans l’histoire de la télévision, on aura vu de tels moyens mis en place pour impressionner le téléspectateur. Les CGI sont top et jamais des dragons n’ont été aussi impressionnants à l’écran.

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Pourtant, là encore, on peut trouver de quoi contester. Si cette saison dépeint des événements de grandes ampleurs tels que l’assaut de Daenerys sur l’armée Lannister, ceux-ci seront servis par une mise en scène, impressionnante certes, mais un peu trop proprette. Mis à part,  peut-être, l’expédition au dessus du mur dans l’épisode 6 (Beyond The Wall d’Alan Taylor), la réalisation de cette saison est à l’image de son écriture : dénuée de cran et de personnalité. On est loin du niveau de Neil Marshall (à qui l’on doit la bataille de Blackwater en saison 2) ou de Miguel Sapochnick (grand sauveur des saisons 5 et 6), qui ont véritablement réussi à imposer une signature visuelle sur les épisodes qu’ils ont réalisé (et qui font, encore à ce jour, partie des meilleurs selon l’avis général).

Certes, Game Of Thrones reste à bien des niveaux, une série largement au dessus de la moyenne et il est difficile de pointer tous ces défauts du doigt sans passer pour un gamin gâté en crise de larmes parce qu’il n’a pas reçu ce qu’il voulait à Noël. Cependant, la sensation éprouvée par ces « fans rageux » au regard de cette septième saison s’apparente davantage à celle d’un parent dont l’enfant surdoué décide du jour au lendemain de se laisser aller à l’école. Oui, c’est sûr qu’il finira diplômé en médecine, mais comment s’en réjouir alors qu’il aurait pu avoir les félicitations du jury?

Toujours est il que cela fait longtemps que la série n’a plus rien à prouver. Son spectre reste toujours porté par une bonne réputation et ne cesse d’attirer de plus en plus de téléspectateurs (presque chaque épisode de cette saison a battu « le record d’audiences historique » réalisé par le précédent). Mais il faut se rendre à l’évidence : le meilleur de Game Of Thrones est derrière nous et il est à présent temps de faire le deuil de cette série qui nous faisait tant vibrer autrefois.

Le Roi de La Nuit aura beau chevaucher tous les dragons à 10 millions de dollars qu’il souhaite, dans vingt ans, on se souviendra davantage de cette saga pour les sourires d’Iwan Rheon face à sa saucisse ou les regards glaciaux lancés par Charles Dance à ses enfants fictifs. A moins bien sûr que l’ultime saison (diffusée en 2019) créée la surprise en rompant avec le spectacle racoleur et sensationnaliste de cette année pour remettre un peu d’ordre dans la psychologie des personnages. Mais il y a peu de chance (sachant qu’une armée d’éléphants a déjà été teasée).

 

Robin Fourneau

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