Les 20 ans de « Buffy Contre Les Vampires » !

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Tout au long de ce mois de décembre, Encyclosérie vous propose de revivre les événements sériels qui ont marqué 2017. Au programme aujourd’hui : un anniversaire. Et quel anniversaire vu que l’on va parler des 20 ans de Buffy The Vampire Slayer.

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Il y a quelques mois, alors que les plus jeunes s’émoustillaient devant 13 Reasons Why sur Netflix, une autre communauté de sériephiles renouait avec ses 16 ans. Articles hommages, séances de Binge Watching intenses, conventions à la pelle, réunion du cast d’origine avec photoshoot à l’appui,… le phénomène Buffy Contre Les Vampires aura véritablement hanté les esprits à l’occasion de son vingtième anniversaire.

Diffusé le 10 mars 1997, le pilot de cette série nous fait suivre la rentrée des classes de  Buffy Summers (Sarah Michelle Gellar) dans son nouveau lycée de Sunnydale, petite ville fictive de Californie. Si l’adolescente partage les mêmes craintes que ses congénères dans une telle situation (être mal habillée, ne pas arriver à se faire des amis,…), cette dernière cache un secret insoupçonnable : elle est la tueuse, l’élue, celle qui a été choisie par une entité supérieure pour sauver le monde (« a lot »). Dotée d’une force surhumaine, Buffy est contrainte de vaincre les vampires et autres forces du mal rodant la nuit dans les cimetières. Durant sept saisons et 144 épisodes , la série nous fera vibrer au rythme des combats menés par l’héroïne et ses nombreux amis afin d’exécuter cette mission périlleuse.

C’est dans un constat féministe que Joss Whedon, le créateur, puise son idée de départ : les blondes à forte poitrine ne survivent jamais bien longtemps dans les films d’horreur. Soucieux de faire évoluer les mentalités, cette icône geek en devenir va inverser la tendance en transformant l’archétype de la bimbo en pire cauchemar de tous les monstres qui l’ont tant persécutée (vampires, loup garous, zombies, etc). De là naît Buffy The Vampire Slayer, film réalisé par Fran Rubel Kuzui et sorti en salles en 1992. Bizarrement, le public s’est montré un brin plus frileux pour fêter les 25 ans de ce long métrage avec Kristy Swanson dans le rôle titre, et pour cause : c’est une véritable bouse. Mal financé, réalisé et interprété, ce narnard se soldera par un échec cuisant au box-office que même le succès à posteriori de la série ne parviendra pas à faire oublier. Encore aujourd’hui, Whedon renie cette œuvre au plus haut point, estimant que les producteurs ont massacré son scénario d’origine. Morte et enterrée, Buffy aurait logiquement du reposer en paix ! Et pourtant…

En 1995, le jeune network The WB propose à Whedon de faire revivre sa tueuse sous un format sériel et de tourner un pré-pilot (sorte de prototype du premier épisode). Moins novice dans le milieu qu’à l’époque du film (Toy Story est passé par là), le scénariste accepte à ses conditions : hors de question que le projet soit produit et réalisé par quelqu’un d’autre cette fois. Soumis à la chaîne en mai 1996 , le pré-pilot de Buffy The Vampire Slayer se voit refuser de diffusion au profit d’une autre série intitulée 7 à la maison. Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas ! Il faudra attendre la pause hivernale de la saison « 1996-1997 » pour voir les choses tourner à l’avantage de Whedon. Déçue par les audiences d’une de ses productions (Savanna), The WB décide d’annuler cette dernière et d’aller récupérer Buffy pour occuper la case horaire. De là en découle le tournage de 12 épisodes. Ressuscitée à deux reprises (tiens tiens), la série entre enfin au sein des foyers américains en 1997 et séduit dès ses premières minutes.

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Présentée par son créateur comme un mélange de X-files et Angela 15 ans, Buffy utilise la métaphore fantastique pour dépeindre les affres de la vie adolescente. Dans le lycée de Sunnydale, tout est littéral : les étudiants ignorés deviennent littéralement invisibles, les pom-pom girls sont littéralement des méchantes sorcières, les cauchemars deviennent littéralement réalité et les adolescents jouent littéralement leurs vies à chaque moment de leurs existences. Cette prise de recul offerte par le surnaturel permet à la série d’aborder des sujets pourtant périlleux pour l’époque comme la sexualité, le suicide ou encore la dépression. Loin pour autant d’afficher un ton sensationnaliste, Whedon et son équipe feront preuve d’un respect vis à vis de ces thématique, chose qui reste rare encore aujourd’hui. Par exemple, bien que la série peut se vanter d’être le premier teenshow à avoir montré un baiser lesbien, ce dernier sera incrusté au sein d’intrigues plus importantes de sorte à en faire un non-événement.  Fort du succès de sa poule aux oeufs d’or, The WB (actuelle CW) multipliera les productions pour ados par la suite au point d’avoir fait de ce genre une véritable marque de fabrique.

Si la première saison de Buffy n’a pas à rougir sur le plan qualitatif, elle est loin de représenter au mieux ce que sera amenée à devenir la série par la suite. En effet, outre le budget ridicule (qui sera revu à la hausse les saisons suivantes), les 12 épisodes souffrent surtout d’un ton manichéen prononcé : Buffy et ses amis sont de gentils personnages stéréotypés luttant contre de méchants vampires. Il faudra attendre l’année suivante et l’arrivée de Marti Noxon dans le pool scénaristique pour que Buffy commence véritablement à devenir Buffy. Abandonnant petit à petit sa vision binaire du monde, la série va oser faire évoluer ses protagonistes archétypaux au point de les plonger dans la plus sombres des noirceurs et une complexité psychologique rarement vue à la télévision. On ne compte plus, par exemple, le nombre de héros qui finiront par basculer du côté obscure de la force. Bien sûr, un tel partis pris peut sembler banal aujourd’hui à l’ère des Breaking Bad, Game Of Thrones et cie, mais ne l’était pas tant à l’époque de Friends et d’Alerte à Malibu.

Malgré ce goût prononcé pour le drama, la série bénéficie également d’un ton léger qui l’empêche de sombrer dans le ringardisme absolu. Entre répliques tordantes et gags potaches, Buffy est aussi une comédie et ce même dans ses moments les plus noirs (surtout dans ses moments les plus noirs). La série a d’ailleurs su très vite développer une tradition bien à elle très inspirée de Star Trek : au cours d’au moins un épisode  par saison, Buffy et ses amis se retrouvent sous l’influence d’un sortilège qui a un impact considérable sur leurs personnalités. Qu’ils soient enfermés dans la peau des personnages de leurs costumes d’Halloween, soumis à un filtre d’amour ou simplement tombés dans une amnésie passagère, les membres du Scooby gang n’ont jamais fini de nous faire rire face à ces situations rocambolesques dont seuls Whedon et son équipe ont le secret.

Autre ingrédient qui lui a valu son succès : sa structure. Entremêlant feuilletonnant et « one shot », Buffy a su considérablement bousculer les codes de narration à la télévision. En effet, si chaque saison voit débarquer un BIG méchant plus charismatique que les autres, la série conserve le ton « monster of the week » très efficace pour permettre à de nouveaux téléspectateurs de rejoindre l’aventure en cours de route. Grâce à ce mélange, Whedon a pu promener son œuvre dans énormément d’univers différents et variés. Du cinéma d’horreur classique aux drames shakespeariens en passant par la science fiction, les comics ou les films de Bunuel, Buffy The Vampire Slayer est un savoureux mélange de références culturelles en tout genre. Parmi les épisodes qui ont marqué la télévision, on retrouve Hush (S04E10, hommage au cinéma muet), Once More With Feeling (S06E07, épisode musical) ou encore le troublant The Body (S05E16). Encore aujourd’hui (soit 20 ans après), Buffy continue de fasciner. Outre l’émergence de cours universitaires dédiés à la série de l’autre côté de l’Atlantique, de nombreux podcast se donnent pour mission de décortiquer les épisodes minute par minute comme, par exemple, la chaîne française « Pourquoi Buffy C’est Génial? »

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Mais Buffy, c’est aussi et surtout 7 saisons de renouvellement continu. En effet, de saison en saison,  les scénaristes sont toujours parvenus à créer la surprise en emmenant leur œuvre là où on ne l’attendait pas (quitte à parfois prendre de gros risques). Loin de se cantonner à son statut de « phénomène pour ados », la série aborde dans sa seconde partie un ton beaucoup plus mature laissant peu à peu tomber un côté mièvre propre aux teenshow. Cette évolution atteindra son apogée au cours de la saison 6, la plus sombre de toutes. Tout d’un coup, le surnaturel et la métaphore laisseront place à la réalité dans sa forme la plus rude. Entre dépressions morbides et scènes de sexe sauvage dans une maison glauque, on est loin des gentilles amourettes de lycées dépeintes au cours des premières années.

Diffusé en 2003, le dernier épisode de Buffy a marqué la fin d’un phénomène qui a touché des millions de téléspectateurs à travers le monde. Si le Buffyverse a perduré au travers du spin-off, Angel ou de comics supervisés par Whedon himself, la fin de la série a laissé place à un vide toujours inoccupé actuellement comme en témoigne toute cette nostalgie planante en mars dernier. Pourtant, le jour où Buffy viendra rallonger la liste des œuvres cultes à succomber à la mode des sequels, reboot et autre n’est pas encore arrivé. En effet, du créateur (aujourd’hui occupé à conduire de plus grands engins chez Marvel et Dc Comics) aux acteurs en passant par une très large partie des fans, tout le monde semble s’accorder à dire qu’il s’agit là d’une page du passé définitivement tournée. Et on ne peut pas leur en vouloir, car après tout, on avait été prévenus dès le premier épisode : « Seize the moment (’cause tomorrow you might be dead) » !

Robin Fourneau

 

 

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