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Tout au long de ce mois de décembre, Encyclosérie vous propose de revivre les événements sériels qui ont marqué 2017. Aujourd’hui, petit retour quelques mois en arrière avec LE thriller qui aura brillé cet été : Mr. Mercedes de David E. Kelly.

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Comme chaque année, 2017 ne nous aura pas épargné son lot d’adaptations des œuvres de Stephen King à l’écran. Pour le meilleur (It) et souvent pour le pire (The Mist, The Dark Tower). La série du jour fait partie du meilleur.  Mr. Mercedes nous transporte dans le quotidien de deux personnages différents : Bill Hodges (Brendan Gleeson), un vieux flic mis au placard quelques années après avoir échoué à boucler l’enquête la plus importante de sa carrière aka le massacre délibéré de 16 personnes par un chauffard au volant d’une Mercedes volée; et Brady Hartsfield (Harry Treadaway), jeune employé dans un magasin d’informatique…qui s’avère être le tueur en question (pas de spoiler, cette info nous est donnée dès le départ). Durant 10 épisodes, le téléspectateur assiste à un jeu de chat et de la souris liant ces deux personnalités que tout oppose.

Ce n’est pas tant l’enquête policière au cœur de Mr. Mercedes qui mérite que l’on s’intéresse à cette adaptation pourtant réussie. Outre le fait que le public est prévenu de l’identité de l’assassin dès le départ, la série ne parvient pas à éviter de gros problèmes de rythme au niveau de son intrigue. Déservi au plus haut point par une certaine lenteur, chaque retournement de situation tombe à plat au point de ne mobiliser que très peu d’implication de la part du téléspectateur. Au terme des 9 premiers épisodes, l’investigation des héros se conclut d’ailleurs de manière précipitée à savoir servie par une pirouette scénaristique relevant presque du Deus Ex Machina.

Son intérêt, la série parvient à le puiser ailleurs à commencer par ses personnages. Sombres, torturés, bourrés de vices, les deux protagonistes font partie des plus belles compositions vues cette année à la télévision. Si l’archétype du vieux  flic ne sort pas trop des sentiers battus, celui du psychopathe apparait dans une forme des plus intéressante.En effet, en resituant ce personnage dans son quotidien, en lui attribuant un nom, un travail, une enfance et un entourage, les scénaristes (et par extension Stephen King) parviennent à nous le rendre accessible, voire parfois attachant. Car là est la démarche de David E. Kelley : tester les limites du téléspectateur, le bousculer dans ses convictions, lui donner une grille de lecture de sorte à ce que ce dernier puisse s’interroger sur la société qui l’entoure,…

Bien sûr, présenter ces deux antagonistes n’aurait aucun intérêt sans traiter du lien qui les unit. Et sur ce point, Mr. Mercedes fait le job. Du premier au dernier épisode, le rapport maso entre le policier et l’assassin se retrouve dépeint dans toute sa complexité. Au point que l’on se demande lequel des deux traque l’autre. Autour de ces personnage brillamment interprétés par Gleeson et Treadeway se présentent une panoplie de personnalités hautes en couleur. De la voisine caractérielle de Hodges (Ann Cusack) au patron tyrannique de Hartsfield (Robert Stanton), tous assureront parfaitement leurs rôles dans l’intrigue tels des notes de musique sur une partition méticuleusement écrite.

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Mais Mr. Mercedes, c’est aussi une ambiance glauque servie par une réalisation, certes souvent inégale, mais jamais soporifique. La scène d’introduction à elle seule mériterait le prix de la séquence la plus percutante (sans mauvais jeu de mot) diffusée à la télévision cette année. C’est bien simple : impossible pour quiconque d’en ressortir intact ! La série propose également son lot de moments psychologiquement dérangeants (incestes, meurtres, etc) qui feraient parfois passer Game Of Thrones et Hannibal pour des œuvres tout public. Si Mr. Mercedes n’est pas une œuvre à mettre entre toutes les mains, elle devrait néanmoins faire le bonheur des téléspectateurs qui adorent être bousculés.

En attendant 2018, qui devrait elle aussi proposer son lot d’adaptations de Stephen King (Castle Rock pour ne citer que la plus attendue), Mr. Mercedes est loin d’avoir livré tous ses secrets. En effet, satisfaite de l’accueil provoqué par cette première saison, la chaîne Audience a décidé de renouveler la série pour un second tour de piste. Preuve que les psychopathes trouveront toujours de quoi s’occuper sur le petit écran.

Robin Fourneau

 

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