Les 10 ans de Breaking Bad

Ce samedi 20 Janvier est à marquer d’une pierre blanche. En effet, il y a 10 ans, jour pour jour, était diffusé pour la première fois sur AMC, la série Breaking Bad. Pour ceux et celles qui viendraient de se réveiller d’un profond coma, ce thriller noir nous fait suivre le quotidien de Walter White (Bryan Cranston), professeur de chimie dans un lycée. Alors qu’il se découvre atteint d’un cancer du poumon, ce parfait père de famille décide de prendre une décision radicale pour assurer une situation financière confortable à ses proches : se lancer dans le trafic de méthamphétamine en s’associant à Jesse (Aaron Paul), jeune dealer complètement paumé!

Durant 5 saisons et 62 épisodes, Breaking Bad évoluera vers une sphère plus dark au même titre que son protagoniste. Peu à peu, la gentil Walter White laissera sa place à Heinsenberg alias « The one who knocks », trafiquant sans pitié lorsqu’il s’agit de préserver son Business.  Derrière cette évolution (novatrice pour l’époque) se cache un discours assez tranché sur le capitalisme américain et son système qui a pour effet de déshumaniser ses citoyens. Ce regard critique se retrouve également dans le personnage de Jesse, porte parole d’une jeunesse laissée totalement à la dérive. Derrière ce duo emblématique se cache une panoplie de personnages hauts en couleurs sombres : de Skyler (Anna Gunn), la femme autoritaire de Walt, à Hank (Dean Norris), le flic beauf de la DEA en passant (bien évidemment) par le mystérieux Gus (Giancarlo Esposito), l’un des meilleurs « méchants » que l’on ait vu à la télévision, tous répondent présents à l’appel pour nourrir cette représentation tant cynique que percutante de l’Amérique post 11 septembre.

Mais la série de Vince Gilligan ne doit pas uniquement son succès à ses personnages et ses acteurs. En effet, si Breaking Bad a su bousculer les codes de la télévision, c’est avant tout grâce à l’exigence de sa production. Tant  l’écriture que la réalisation se démarquaient par une qualité rarement atteinte sur le petit écran. Du pure caviar. Si ce savoir-faire a répondu présent dès le Pilot, il attendra son apogée lors de Fly (3.10). Réalisé par Rian Johnson (Looper, Star Wars VIII : The Last Jedi), ce chapitre nous fait suivre le combat mené par Walter pour tuer…une mouche. Derrière ce pitch peu racoleur se cache l’un des épisodes les mieux écrits (merci Sam Catlin et Moira Walley-Beckett) et les plus remarquablement mis en scène de toute l’histoire de la télévision. En effet, loin de la narration premier degré qui était de mise sur les écrans de l’époque, Fly est parvenue à faire l’inventaire de la relation des deux protagonistes de manière fine et subtile. Sans pour autant être ratée, la cinquième (et dernière) saison de Breaking Bad sera considérée comme superflue par beaucoup de fans (pour qui l’histoire de Walter avait trouvé une véritable conclusion à l’issue de Face Off, 4.13). Cela n’empêchera, bien évidemment pas, la série de rejoindre le panthéon de la télévision et d’y rester. Diffusé le 29 septembre 2013, Felina (5.16), le chapitre final, se verra couronné par une audience de 10 millions de téléspectateurs (contre 1,4 pour le pilot).

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Mais que reste t’il de Breaking Bad aujourd’hui, soit 10 ans après son apparition? Que de bonnes choses ! En effet, outre son spin-off Better Call Saul (qui, bien que différente, mérite tout autant le détour), la série est parvenue à marquer durablement la télévision de son empreinte. On ne compte plus, par exemple,  le nombre de protagonistes sombres et torturé comme l’était Walter White (on serait même tentés de dire qu’on arrive à saturation). A l’instar de Twin Peaks, Buffy, The Wire et autres, Breaking Bad fait partie de ces œuvres qui on permis à la télévision de s’imposer aujourd’hui comme un média branché. Par ailleurs, l’esthétisme particulier de la série a également marqué la pop culture et fait aujourd’hui office de source d’inspiration inépuisable pour bien des productions (caugh cauch Logan caugh caugh). Preuve que l’époque où le petit cran servait d’antichambre aux salles obscures est définitivement révolue !

 

Robin Fourneau

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